Prendre votre petit sentiment doux amer et le faire sécher longtemps, très longtemps au soleil de la vie. Finir par l’oublier dans un coin, le prendre pour ce qu’il n’est pas, le ranger et ne plus y penser. Ensuite faire couler le temps inexorablement. Puis le découvrir à nouveau, lui donner trois gouttes d’espoir et laisser gonfler. Rajouter le sucré d’un sourire, la douceur d’une ridule et la chaleur d’une fossette.  Laisser infuser avec un peu de surprise. Mélanger le tout à un brin de reconnaissance et trois grains de folie. Épicer d’une once de souffle perdu. Glisser une larme de chagrin. Laisser reposer en silence.

Et ensuite, déguster avec une infinie précaution, par toutes petites doses et les yeux grand ouverts ce concentré d’amour